2ème courrier aux adhérentes et adhérents de EELV Paris

Chères amies et cher amis,

Ma candidature a suscité beaucoup de surprises mais aussi beaucoup d’attention. A une semaine du vote, voici quelques précisions par rapport à vos questions, notamment suite à mon précédent mail.

Premièrement, ma candidature est une réponse à ce que je ne me retrouvais pas dans les deux principales candidatures, le tandem Julien/Antoinette et David. Conscient de mon handicap d’être parti tardivement et face aux engagements déjà pris par de nombreuses personnes pour les dites candidatures, je garde l’espoir de faire changer nombre d’entre vous d’avis.

La question du programme : Ce point suscite beaucoup d’incompréhension. Beaucoup de candidatures estiment que ce sujet est annexe car le programme sera voté par l’ensemble des militantes et des militants. Si la base programmatique est généralement commune, il reste néanmoins à préciser les priorités. Ayant participé à trois rédactions de programme écologiste, fait trois négociations programmatiques nationales avec le PS et une avec le Parti de Gauche en 2017, je connais l’ensemble du corpus de l’écologie politique mais il y a des divergences sur certains points, ou plus exactement sur les priorités. Pour moi, la priorité des priorités est de répondre aux urgences des crises écologiques. C’est même la première raison de mon engagement politique. C’est en cela que la question énergétique est primordiale et que nous devons prioritairement organiser la transformation écologique de l’économie parisienne si nous voulons être crédibles. La question urbaine est aussi très importante, notamment la protection des dernières espaces non bâtis de Paris comme le TEP Ménilmontant. La troisième importante est de s’attaquer au premier sujet social parisien, celui de lutter contre la gentrification.

La question stratégique : Deuxième point d’incompréhension. Il y a une ambiguïté sur le terme d’autonomie stratégique des écologistes. Pour certains cela signifie autonomie vis-à-vis de toutes les forces de gauche. Pour d’autres dont moi, cela signifie autonomie vis-à-vis d’Anne Hidalgo et du Parti socialiste car notre écologie est différente de la sienne. De plus, si nous voulons réellement envisager de gagner, il faut élargir notre base électorale et politique dès le premier tour en vue de préparer le deuxième tour avec Anne Hidalgo. Par ailleurs, c’est la stratégie qu’elle a mené en 2014 en ayant une alliance du PCF jusqu’au sociaux-libéraux qui sont passés depuis à LREM.

La question du tandem : C’est une très bonne idée à partir du moment où on précise comment on le met en œuvre mais il aurait fallu deux collèges femme et homme comme dans les votes d’AG de groupes locaux pour les listes d’arrondissements. Il y a deux manières de l’appréhender, compte tenu des contraintes institutionnelles. La première est de considérer qu’il existe deux postes important dans l’exécutif qui peuvent faire le tourniquet à mi-mandat : la ou le maire de l’exécutif et un premier-adjoint en charge d’un dossier important, celui de la coordination de toutes les politiques publiques liées à la mise en œuvre de notre plan climat. L’autre solution est de penser qu’il n’y aura pas de majorité au Conseil de Paris. L’élection de la ou du maire de Paris est une élection au troisième tour et donc la somme des 17 arrondissements. Les sociologies sont tellement différentes selon les arrondissements qu’il peut y avoir de nombreuses triangulaires, voir des quadrangulaires qui font qu’aucune liste ne dégage une majorité absolue. Dans ce cas-là, la présidence du Conseil de Paris, le législatif de Paris devient une position stratégique car il faut construire des majorités par dossier. C’est le cas actuel du Conseil de Paris où Anne Hidalgo n’a plus de majorité certaine et que nombre de dossiers passent sur les votes PS/LR.

Comme faire à partir du 1er juin ? : Le 1er juin, nous affirmons notre autonomie vis-à-vis d’Anne Hidalgo tout en nous reniant pas, en préparant la victoire du deuxième tour dans une alliance qui nous sera favorable. Nous engageons des discussions avec tous les corps constitués de Paris, les syndicats de la ville, les fédérations associatives (FNE, LDH, Ligue de l’enseignement, ….), les groupes organisés (Les Amis du Champs de Mars, La Seine n’est pas à Vendre…) sur la base de notre pré-programme. Et simultanément, nous engageons une démarche similaire avec les autres forces politiques écologistes et/ou de gauche parisienne. Cette démarche doit aussi se faire de manière officielle au Conseil de Paris pour créer un groupe unique ou un intergroupe avec toutes les forces et les personnes intéressées. Cela serait le troisième groupe du Conseil à plus de 20 membres. Cela permettrait aussi de garder les membres du GEP qui hésite à soutenir Anne Hidalgo dès le premier tour.

Le 1er juin, il faut aussi lancer des groupes de travail sur des points précis de notre programme à creuser sur lesquels nous devons assurer notre crédibilité pour développer un argumentaire. Ces sujets restent à préciser mais il faut détailler nos propositions sur les JO2024, la question de sécurité, le financement du revenu d’existence parisien, les grandes priorités budgétaires, la stratégie de financement des investissements…

Le 1er juin nous place aussi devant nos responsabilités après les bons scores des élections européennes. LREM et la droite sont largement en tête s’ils font alliance. Notre place est encore plus charnière avec 20 % qu’elle ne l’était mais attention au triomphalisme. En 2009, nous étions encore plus hauts et nous n’avons pas réussi à confirmer. Cela nous en place en situation de responsabilité pour faire l’unité autour de nous. Jamais nous n’avions eu l’opportunité de faire le programme de rupture qui est nécessaire pour répondre à l’urgence écologique.

Amitiés écologistes

Jérôme Gleizes

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